Du 2 septembre au 14 octobre, ma mère écrit tous les jours, puis fait une pause pendant 17 jours. Du 18 novembre au 8 décembre, elle n'a plus le temps d'écrire: "trop de travail". 

Alors voici cinq mois de ses mémoires, où le quotidien de notre famille vient se frotter à l'actualité longuyonnaise ou nationale et à la météo, automnale puis hivernale. Ma mère bosse dehors et dedans, plus que jamais, gère ses sous au mieux mais se demande comment elle pourra payer sa dernière facture de charbon, se bagarre pour obtenir des aides des services sociaux ou pour obtenir une libération anticipée du service militaire pour mon frère Jean-Pierre . Elle chute mais se relève, se prend la tête avec mon autre frère René, qui lui pique du pognon pour sortir.

Pour moi, c'est la rentrée en 3ème le 23 septembre au collège Albert Lebrun. Avant, je suis allé le à la foire de Stenay avec M. Lalouette, commerçant en mercerie longuyonnais, chez qui je travaillais depuis l'âge de huit ans, chaque vendredi (jour de marché à Longuyon) au sortir de l'école. La famille Silvestre, qui habite à deux pas, au 16 de la rue Thiébaut, nous est toujours d'une aide précieuse et je leur en serai éternellement reconnaissant. Le 3 février 1969, les forains arrivent dans notre rue pour la fête de Sainte-Agathe (le 5), patronne des longuyonnais ; ce sera l'occasion pour René d'aller bosser à la confiserie de Gustave Scemama et pour moi d'aller ramasser les tickets au manège d'avions de Jean Mazure, histoire de gagner quatre sous et de me payer des Lego ou des Dinky Toys...

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