Ferai-je encore des selfies dans mon cuir bariolé devant le monument du Montsec ou ailleurs? Pourrai-je du reste encore enfiler une combinaison de moto ou de nage? Bouffer du macadam au taquet - je l'avoue - sur ma bécane sur les routes de Meuse, avaler des longueurs de bassin en palmes à la piscine ? Déguster tous les bons petits plats que ma chère femme me concocte chaque jour ou presque depuis 40 ans? Jouer et rigoler avec mes petits-enfants (trois aujourd'hui mais peut-être plus d'ici-là)? Boire une bonne bière belge avec le fiston ou mon cousin liègeois? Ecouter Pink Floyd, Genesis, Camel, Caravan, Led Zeppelin, Elton John, King Crimson, Emerson, Lake and Palmer, Yes  ou Neil Young à fond sur mes Cabasse comme 50 ans auparavant? Courir les concerts et spectacles en tous genres à Jarny, Boulange, Metz, Hattonchâtel, Pagney-derrière-Barine, Florange, Luxembourg? Shooter les artistes, les mômes, les oiseaux, les papillons, les libellules, les chats, les chevreuils, les belles motos, les belles bagnoles? Chanter dans une chorale? Inonder Facebook et YouTube de mes photos et vidéos? Remonter toujours plus loin dans le passé à la recherche de mes ancêtres sur Geneanet? Bref, profiter encore et encore d'une - déjà bien remplie - vie qui avait plutôt mal débuté il y a 67 ans?

C'est vrai, mon enfance ne fut pas toujours folichonne: un père disparu bien trop tôt (j'avais deux ans), mais une mère qui assure un max pour élever mes deux grands frères et moi dans un logement miséreux, des familles ouvrières qui s'entraident, des copains d'école solidaires et aussi des instituteurs et des professeurs formidables, des services sociaux de proximité dévoués et efficaces (ville de Longuyon et son Maire, M. Drapier, association des anciens prisonniers de guerre, assitante sociale, Mme Vaugin, d'Usinor), bref un tissu social qui n'a, selon moi, pas son équivalent de nos jours et qui m'a permis de monter dans le fameux ascenseur!

Bon, ce ne fut pas si simple d'atteindre le dernier étage, à savoir ce beau métier de prof que j'ai pratiqué et aimé pendant 38 ans, et l'agrégation de Physique appliquée décrochée en juillet 1988. Il a fallu relever les manches, aller chercher les moyens financiers et humains, se serrer les coudes avec famille et amis, effectuer les bons choix (école d'ingénieur INSA ou faculté de sciences en 1972?) et aussi apprendre, encore et encore, grâce à des collègues scientifiques solidaires (Merci Lina Gavoille!) et aux livres, achetés par dizaines durant ma carrière ; grâce aussi à un proviseur, Jacques Duhr, qui m'a donné ma chance, en 1986, en me confiant des classes de technicien supérieur (même si notre relation fut parfois houleuse). Et puis ce début de carrière hasardeux (maître-auxiliaire jusqu'en 1981) m'a offert de rencontrer celle qui allait devenir la femme de ma vie. Alors un échec au CAPES quelques années plus tôt se transformait soudain en rayon de soleil en cet automne 1982!

Voilà, ça fait près d'une heure que je suis sur mon clavier, alors que je n'avais qu'une idée: publier une énième photo de ma bécane et de mon p'tit derrière dans ma combinaison Franck Vidal sur mesure que j'enfile depuis 12 ans. Ce ne sera sûrement pas la dernière, qu'on se le dise! Je vais tout faire pour continuer à bouffer la vie à pleines dents, et pour faire profiter de ma joie de vivre celles et ceux que j'aime, mais aussi toutes celles et ceux, anonymes parfois, qui s'intéressent, à travers ce blog notamment, à mes (trop) nombreuses passions et à qui j'espère apporter de bons moments d'évasion.

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