Le carnet de guerre de Victor Moïse Louis CALON du 4 août au 23 octobre 1914

 

Nous embarquons à La Fère le mardi 4 août à 1 heure du matin et débarquons le même jour à 10h à Stenay, de là nous nous rendons à Remoiville (près Loupy-sur-Loison) où nous cantonnons jusqu’au dimanche 9 août.

Nous allons ensuite à Marville où nous demeurons jusqu’au mardi 18 août ; pendant notre séjour à Marville rien de particulier ne se produit pour nous ; un groupe du 42è (le 1er) remporte quelques succès à Mangienne avec l’aide des chasseurs à pied.

Mardi 18 août : nous quittons Marville et allons à Iré-le-Sec où nous attendons jusqu’au jeudi 20 août ; là tout le 42è est rassemblé.

Vendredi 21 août : nous quittons Iré-le-Sec, avant d’arriver à Montmédy nous passons notre matinée à faire un grand tour dans les bois et revenons ensuite sur la route de Montmédy ; nous passons dans la ville et gagnons ensuite la Belgique ; nous couchons dans un champ le soir à Virton.

Samedi 22 août : nous quittons Virton et allons à Lahage (près Bellefontaine), là grand combat qui ne se termine que le soir le 120è le 147 et le 9è chasseurs sont assez éprouvés, chez nous quelques blessés seulement. Nous nous replions le soir et gagnons Gérouville, nous passons paraît-il, très près des lignes ennemies.

Dimanche 23 août : la journée se passe à Gérouville.

Lundi 24 août Nous arrivons le soir à Fresnois où nous couchons. Plusieurs villages sont en feu aux alentours

Mardi 25 août : nous quittons Fresnois à 10h le matin , passons à proximité de Montmédy ; le soir nous passons la Meuse sur des ponts construits par le génie ;

Mercredi 26 août : après avoir marché toute la nuit nous arrivons au matin à Beauclair

Jeudi 27 août : nous quittons Beauclair au matin et allons prendre position dans les bois, un grand combat se livre à la ferme de Belval, la coloniale est très éprouvée, notre groupe est lui-même à certains moments en très mauvaise posture, néanmoins le soir nous avons le matériel au complet mais quelques tués et blessés.

Vendredi 28 août : nous avons perdu la batterie que nous retrouvons à Beauclair. Nous nous sommes arrêtés au château de Belval.

Samedi 29 août : nous quittons de nouveau Beauclair passons par Nouart et allons à Buzancy ; nous cantonnons à Thénorgues où nous restons le dimanche 30.

Jeudi 31 août : nous allons à Bar-sur-Buzancy, grand combat, l’échelon l’échappe belle !!

Mardi 1er septembre : nous quittons Thénorgues passons à Verpel et cantonnons à Beffu, nous passons ensuite à Grandpré, Thermes, Senuc, Autry.

Mercredi 2 septembre : bataille à Autry, succès pour nous paraît-il.

Jeudi 3 septembre: nous allons à Sainte-Ménehould.

Vendredi 4 septembre : nous venons à Vieil-Dampierre.

Samedi 5 septembre : nous venons à Sermaize.

Dimanche 6 septembre : bataille à Sermaize, le pays brûle 

Lundi 7 septembre : la bataille continue devant Sermaize très vive, à 8h nous sommes obligés de nous replier à travers bois, nous gagnons Cheminon.

Mardi 8 septembre : même position sur le côté de Cheminon, la nuit tir sur les bivouacs ennemis.

Mercredi 9 septembre : mêmes positions.

Jeudi 10 septembre : mêmes positions, une grande bataille se livre depuis plusieurs jours entre Sermaize, Cheminon, Trois Fontaines et Maurupt.

Vendredi 11 septembre : nous quittons nos positions, traversons Cheminon et le bois qui se trouve à la suite, ce dernier est rempli de blessés tués allemands. L’ennemi est repoussé et recule maintenant au-delà de Sainte-Ménehould.

Samedi 12 septembre : nous retraversons Sermaize qui est en ruines et allons à Alliancelles.

Dimanche 13 septembre : nous marchons la nuit par une tempête épouvantable, nous venons au matin près du château de Nettancourt.

Lundi 14 septembre : nous couchons à Sainte-Ménehould au quartier des cuirassiers.

Mardi 15 septembre : nous allons à Vienne-la-Ville où nous couchons le soir. Il pleut.

Mercredi 16 septembre : nous venons prendre position près le bateau de La Noue Saint-Martin où nous restons trois jours.

Samedi 19 septembre : nous venons à Neuville-au-Pont où nous restons au repos pendant 8 jours, c’est un repos bien gagné.

Samedi 26 septembre : nous revenons prendre position près le bateau de La Noue Saint-Martin.

La canonnade commance de bon(ne)heur rien de nouveau pour nous. l’infanterie fait des prisonniers.

Dimanche 27.même positions. Le soir on rentre au cantonnement. Le canon gronde passablement.

Lundi 28. Matinée calme. Un type qui se tue de crainte du Conseil de guerre.

Mardi 29. Passablement de coup de canon. quelques blessés et tué

Mercredi 30. Un capitaine tué en démontant une fusée 3 blessés un autre tué par un obus allemand en allant à l’eau

Jeudi 1. Le matin silencieux. Le soir ont passe en première ligne ; la fusillade est très vif à Vienne le chateau.

Vendredi 2. Un Lieutenant de blessé par un éclat d’obus. le soir le canon gronde foretemnt. je me rencontre avec Lucien Jacques près d’un puits.

Samedi 3. Fusillade le matin le soir le canon gronde toute la nuit.

Dimanche 4. la Placardelle tir des mitrailleuses la nuit.

Lundi 5 Vienne le chateau matin silence. Le soir les allemands tir sur le village de même à 1h du matin.

Mardi 6 Matinée calme. le soir tir sur le village et sur le village voisin par l’ennemie. attaque à l’infanterie et au canon.

Mercredi 7. de nombreux coups de canon. Quelques coups sur le village qui tue 5 à 6 hommes et un blessé au 75è. Le feu prend au village de Vienne le chateau.

Jeudi 8 le canon Allemand recommence à mettre le feu vers 3h1/2 matinée calme. Richard blessé par son cheval.

Vendredi 9 Journée calme toujours sans nouvelles de Louise ni de chez moi. Valenciennes occupée par les Allemands.

Samedi 10 Rien de nouveau. tir toute la nuit par l’infanterie.

Dimanche 11 nous sommes canardez par les Allemands avec les petits obus.

Lundi 12. journée calme mais le temps semble long on ne cesse de se causer de chez soi de sa femme de ses parents. l’inquiétude surtout ces de la facon dont il vive au milieu des envahisseurs ;

Mardi 13. Je ne m’étonne plus de ne pas recevoir de nouvelles de Valenciennes car les Allemands y sont. La matinée est calme pas de coups de canons. le feu à cabane.

Mercredi 14. Les Allemands nous tires dessus passablement. des obus de toutes tailles parviennent à mettre le feu dans une petite ferme. Leblanc me rapporte un morceau de cloche de l’église Saint-Thomas. Le soir nous allons voir l’incendie.

Jeudi 15. Le matin ons tir passablement. Les Allemands nous tires dessus.

Vendredi 16. Le matin il tire sur le village blesse 3 fantassins un à la cuisse couper. Toujours pas de nouvelles cela mennuie beaucoup. 5 morts des suites.

Samedi 17. le matin on reçoit un obus allemand qui nous démolit deux caissons heureusement un seul blessé légèrement. Fussillade toute la nuit.

Dimanche 18 triste journée rien d’anormal dans la journée. la fuite.

Lundi 19 fussillade sur toute la ligne. canonnade la nuit.

Mardi 20 fusillade le matin. J’ai écrit à mes parents et à Cons. Cela ma un peu désennuyer. Un autre qui a une lettre Valenciennes.

Mercredi 21. Le matin rien de nouveau on attend des nouvelles avec inpatience l’après midi on change de cantonnement on vas au environs de Vienne le chateau plus en arrière. Je vais écrire à Louise. en ce moment les allemands nous envoies des obus en quantité ce sont nos distractions. 4 chevaux sont tués un blessé et un homme aussi une tranchée d’infanterie sauter. Des chevaux sont emballérs. Notre nouveau campement ne vaut pas l’autre.

Jeudi 22. Nouvel attaque par l’infanterie Allemande. Le canon gronde autour de nous et sur nous.

Vendredi 23. les Allemands nous canarde sans cesse. 3 Aréoplanes Allemands au dessus de nous toujours sans nouvelles c’est l’ennuie tout simplement. Que peuvent denir la petite famille et les parents de Louise au milieu d’hommes sans scrupules. Dieu le sais quand viendras la fin

 

Texte transcrit par Gérard Lesquoy, petit-neveu de Victor Moïse Louis Calon, le 6 novembre 2019

 

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