Ma mère aimait écrire, à la famille, aux amis et aimait aussi recevoir du courrier et surtout des cartes postales qu'elle collectionnait dans des boîtes métalliques ; elle était également passionnée de mots croisés puis de mots fléchés ; alors il ne fallait pas essayer de lui en remontrer en orthographe ou en grammaire, même si on était sa belle-fille et par ailleurs prof de lettres modernes... Ma mère n'a donc pas fait que noircir des carnets de chiffres, dépenses et recettes, elle a aussi eu l'excellente idée de tenir un journal à partir de l'année 1967. Dans ce cahier, elle a d'abord pris soin de noter certaines dates importantes de sa vie... à partir de ma naissance, le 21 avril 1954. Puis vers août 1967 elle a décrit ses journées quotidiennement ou presque jusque fin septembre 1969, un peu après mon entrée au lycée de Longwy. Entre le 30 janvier 1970 et le 15 août 1974, ses notes furent plus ponctuelles.

Les dernières années de sa vie, j'ai bien tenté de la convaincre d'écrire ses mémoires, car la sienne fonctionnait encore très bien, en vain. Alors je me suis dit que j'allais publier petit à petit certaines pages du cahier que je conserve précieusement. Et plutôt que de commencer par le début, j'ai choisi la période de l'hiver 1968, l'année de mes quatorze ans, et aussi celle où mes frères étaient encore à la maison, même si l'aîné, Jean-Pierre, effectuait son service militaire. Voici donc onze pages couvrant la période du 30 décembre 1967 au 1er mars 1968. J'y ai porté quelques annotations indiquant les liens familiaux ou de voisinage notamment. J'ai effacé quelques propos qui n'apportaient rien à ce témoignage et auraient pu gêner des membres de ma famille (ma mère ne pratiquait pas la langue de bois...).

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